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La gestion et le développement des falaises françaises.


La gestion des falaises est le c½ur d'activité de certains comités départementaux. Depuis que la FFME a choisi de confier cette tâche à ces derniers, leur action a pris une importance accrue avec une modification du paysage sportif et touristique.
Retour sur l'escalade en plein air, un dossier qui fédère le plus grand nombre de nos licenciés et attire un nombre croissant de pratiquants
.


Depuis plus de vingt ans, on dispose en France d'un vaste réservoir de falaises de toutes sortes (blocs, sites sportifs et terrain d'aventure) qu'un grand nombre de pratiquants utilisent. La mise en valeur de ces terrains de jeux a pris sur notre territoire une physionomie particulière. En Europe, et dans les nations occidentales en général, ce développement a partout suivi la même voie avec des vitesses différentes et des particularismes locaux.
Les vecteurs de développement des falaises sont peu nombreux. Le premier historiquement parlant est l'initiative individuelle qui pousse certains acteurs à devenir des découvreurs et des défricheurs de parois et d'itinéraires. On suit depuis toujours le modèle de l'alpinisme et tous les terrains, même les moins héroïques sont ainsi investit peu à peu. L'alpiniste devient de plus en plus rochassier et s'intéresse à tous les supports grimpables du bloc aux terrains d'aventure les plus hauts. L'étape ultime de ce développement, c'est l'apparition massive des salles d'escalade (on se passe du rocher puisqu'on le créé). Exergue1 L'initiative personnel fut (et reste) un grand moteur de l'action, la soif de découverte de nouveaux terrains, la recherche de l'excellence et le désir de création, sont des traits anthropologiques qui entraînent les êtres vers de nouveaux territoires et le dépassement de soi.
S'agissant de falaises et de rochers, il ne fait aucun doute que ce premier vecteur de développement fut prépondérant pendant les décennies qui ont marqué l'essor des sports aux dix- neuvième siècle jusqu'à nos jours et particulièrement de l'alpinisme, activité de découverte et d'exploration par excellence. Le second vecteur de ce développement c'est bien entendu le terrain disponible.

En France, les falaises sont nombreuses, les types de roches aussi et le climat aidant, de nombreuses parois sont des terrains de jeux potentiels. Dans les années quatre-vingt, l'escalade rocheuse acquiert une autonomie qui accentue le rôle prépondérant de ce nouveau vecteur de développement. Il faut se souvenir que la première commission de la FFM qui prenait en compte ce développement de l'alpinisme avait aussi pour mission de s'intéresser aux sites d'escalade.
Ce furent les prémices de la prise en compte grandissante par l'institution de cette évolution radicale. La pratique nouvelle et le transfert rapide de pratiquants vers cette nouvelle/ancienne activité qui se nomme simplement escalade, trouve un écho dans la réalité fédérale avec des enquêtes récentes sur les profils Exergue 2 des pratiquants qui déclarent l'escalade rocheuse comme activité première et particulièrement , à ce titre, fédérative.
Nouvelle pratique et nouveaux terrains de jeux vont de paire à tel point que l'on ne sait plus qui entraîne l'autre. Les nouvelles technologies d'équipement et les méthodes usitées en France achèvent de structurer ce développement. Gilles Rotillon avait eu ce constat décisif. « Le développement de l'escalade en France, c'est le spit de 12 millimètre, plus que Edlinger ». Un fait majeur ressort de cet état des lieux, c'est le développement exponentiel des sites grimpables. On peut supposer que l'offre grimpable augmentant, elle génère une demande de plus en plus pressante, mais c'est un peu l'inverse qui se produit. La demande a augmenté et l'offre a suivi. Exergue 3 Un cercle vertueux s'est mis en place, il associe grimpeurs actifs, falaises disponibles, technologies performantes et éthique, pour le plus grand plaisir des usagers de toute l'Europe.

La réunification FFM/FFE, marque un tournant dans la prise en compte de la gestion des falaises par la nouvelle institution. La naissance d'une commission sites entérine cet état de fait, l'autonomie de gestion des comités départementaux achève la structuration fédérale. On dispose alors d'un schéma de gestion qui délègue l'initiative de la gestion des falaises aux comités et les laisse libres de mettre en ½uvre une politique locale que l'institution peine à définir nationalement.
Daniel Taupin, va jouer pour plusieurs décennies, le rôle occulte et officiel de coordonnateur de cette gestion nationale. Il étend sa réflexion et son action dans plusieurs directions, l'aboutissement de ce travail est impressionnant. Ses connaissances juridiques sont utiles à tous, ses connaissances en matière de technologies précisent un état de la connaissance dans cette matière et fait autorité en France et à l'étranger, sa connaissance encyclopédique des sites trouvent un aboutissement dans un ouvrage de référencement des sites qui est l'ancêtre des bases de données actuelles.

On lui doit bien entendu le manuel technique sur l'équipement des falaises. Un des dossiers les plus importants qu'il nous lègue, concerne le conventionnement. Il faudra un jour faire la genèse de ce développement particulier de l'action fédérale et on découvrira que notre fédération fut sans doute une des premières (la première ?) à mettre cet outil réglementaire à la disposition de ses pratiquants (licenciés ou pas) et que ce faisant, la FFME faisait ainsi une ½uvre plus qu'utile, une action indispensable, elle ne sût pas , sans doute, en faire la publicité, afin que tout un chacun comprenne à quel point il est redevable de pouvoir grimper librement en France. Si l'on parle de « missions de services publique » on peut aussi préciser, mission au service du publique, on verra plus loin les responsabilités que cela entraîne aujourd'hui.

Le rôle des comités départementaux.

Habituellement quand la fédération entre en action en matière de gestion de sites, c'est par le biais d'un comité départemental qu'elle le fait. Au fil du temps, la visibilité de l'escalade rocheuse a augmenté au point qu'elle est devenue un sport à part entière. Il est probable qu'aujourd'hui, « l'escalade à mains nues » est un poncif pour le grand public mais aussi une réalité. L'escalade rocheuse existe c'est un fait. Exergue 4 Les falaises sont des lieux de pratique sportive au même titre que les cours d'eau sont des lieux de loisirs et de sports. Le rôle d'un comité départemental est essentiel dans la gestion des sites. On en a eu la confirmation avec l'affaire Buoux en 1983. Buoux fut la falaise emblématique de l'escalade dans les années quatre-vingts. Elle a incarné tous les espoirs et les difficultés de cette genèse au même titre que la falaise de Seynes ou pire encore de Saint-léger du Ventoux actuellement. Affluence massive de grimpeurs, gêne des riverains furent les tristes réalités du moment.

A cette époque, les comités territoriaux de la FFME ne furent pas aussi actifs et surtout réactifs qu'ils ne le sont aujourd'hui. Une interdiction planât rapidement sur la falaise et les grimpeurs, fautent d'être plus et mieux organisés perdirent une partie du domaine grimpable. Aujourd'hui la situation est tout autre. L'affaire de Seynes nous en donne confirmation. Seynes est une falaise d'hiver internationalement connue. Elle fut équipée avec plus ou moins d'énergie et de rigueur (en fait plutôt peu en cette matière), elle est sise sur deux petites communes. La fréquentation importante, l'équipement parfois obsolète et douteux qui causent des accidents et la gêne récurrente occasionnée aux riverains, conduisirent le maire d'une des deux communes à prononcer un arrêté d'interdiction. Un élément clef fut mis en lumière, la falaise n'était pas conventionnée par la FFME.
Rapidement un mouvement d'opinion se dessina sur les sites Internet, comment faire face à cette interdiction qui privait les grimpeurs de l'une de leur destination favorite. Hier la réponse eut été simple, personne n'était en mesure de combattre efficacement cette interdiction et le recours au service de ce contentieux à la FFME nationale pas si évident. Aujourd'hui, renversement de la tendance, la FFME est quasi sommée de résoudre le problème. Ironie ! Personne ne se demande avec quels moyens et pour qui la FFME doit agir. Le lien entre défense et action fédérale est aisément fait par les utilisateurs, le lien entre moyens et actions ne pénètre dans aucun cerveau de grimpeurs, particulièrement quand il n'est pas licencié. Le comité départemental réagit avec son conseiller technique local et une fin heureuse est trouvée, elle passe par le conventionnement du site assortit d'un plan de rééquipement et de financement. Exergue 5 Un maillon est manquant dans ce processus, celui de l'utilisateur non licenciés.

Le grimpeur (français ou étranger) n'a rien fait de concret pour résoudre ce problème, il se cantonne dans le rôle du consommateur qui demande à grimper sans se poser de question. La FFME est entrée en action et personne ne semble lui en être reconnaissante, pire, c'est au prix d'un retournement dialectique que le grimpeur se sort de cette situation par une pirouette bien « française ». La FFME c'est l'état, l'état c'est moi, donc la fédération c'est moi et il est normal qu'elle agisse pour moi.
Ce raccourci d'un mode de pensée largement répandu chez les pratiquant est à peine caricatural. Il met en évidence leur méconnaissance profonde du panorama des activités sportives qui se c'est complexifié et de la réalité fédérale dans un monde en mutation constante. Il semble incroyable que l'on doive rappeler à chacun qu'une grande partie de l'action fédérale repose sur du bénévolat particulièrement en matière de gestion des sites. Penser que l'état subvient en permanence à tous les besoins d'une fédération est caricatural et met en évidence notre incapacité à communiquer sur ces sujets et la nécessité que nous avons de mettre en évidence nos actions, notre responsabilité et la responsabilité de l'utilisateur d'un terrain de jeu dont il oubli souvent qu'il n'est pas « gratuit ».

Les ressources pour la gestion des falaises.

Au fil du temps, la visibilité de l'escalade a permise de générer des ressources pour le développement des falaises. Ces apports sont de nature diverse. Ressources en personnel, ressources en argent, ressources en énergie. Le paysage sportif et touristique français a subi de récentes évolutions. Le tourisme est la première ressource nationale. Le tourisme de l'escalade que génère la fréquentation des falaises est loin d'être négligeable et ramener à l'échelle des territoires il n'est pas anecdotique. La production de topos guide est aussi, ramener à une échelle qui lui est propre, une source de revenus qui échappe parfois à la FFME.

En effet, comme on l'a démontré plus haut, si l'action fédérale en faveur du développement des falaises est coûteuse en énergies et en argent, il n'est pas envisageable de faire supporter ce point aux seuls licenciés qui ne sont pas les seuls bénéficiaires de ce développement. Si la FFME peut avoir des prétentions légitimes sur le domaine grimpable (en constante augmentation), dont elle à la gestion par le biais des conventions, elle doit donc se donner les moyens de financer ces actions. Le topo d'escalade, sans être la pierre philosophale de ce dispositif, est un source de revenus que l'on ne peut négliger et surtout, dont on ne peut déléguer la genèse et la fabrication à des tiers, sans se prémunir par contrat de cette collaboration et de son devenir. Aujourd'hui, l'usage commercial des falaises françaises pose problèmes et doit nous encourager à une réflexion sans tarder.

Quand un comité départemental gestionnaire de falaises est mal organisé il laisse la place à des dérives et affaiblit son action. Il y a donc urgence à rénover notre système et à poser les bases d'une action efficace qui permettrait de mettre la gestion des falaises au centre d'un dispositif plus vaste dont le comité départemental serait l'acteur. Un cercle vertueux verrait donc le jour et le comité serait l'interlocuteur obligé dès qu'un problème surgit comme à Seynes et dès que des financements de collectivités territoriales apparaissent pour financer nos équipements de falaises comme en Ardèche, en Dromes et dans les Bouches du Rhône.
La capacité à communiquer sur nos responsabilité et nos actions, devrait à terme générer un intérêt des pratiquants qui pourraient alors en toute connaissance de cause mais aussi avec un sens accru des responsabilité (on l'espère) rejoindre le rang des adhérents qui permettent à l'action fédérale de s'épanouir.

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